Câble coaxial : ce qu'il apporte vraiment à vos infrastructures réseau

12 août 2026
Câble coaxial : ce qu'il apporte vraiment à vos infrastructures réseau

Un câble coaxial, on en croise encore partout. Derrière les télés dans les open spaces, dans les locaux techniques des bâtiments des années 90, parfois même pour relier une caméra de surveillance ou dépanner une liaison sans tout recâbler en urgence. Le principe date un peu, mais cette construction en couches reste diablement efficace pour transporter un signal propre quand l'environnement est un peu bruyant.

Le truc, c'est que tout repose sur cette idée simple : enfermer le signal entre un conducteur central et un blindage qui fait office de cage de Faraday. Résultat, moins de fuites, moins de parasites qui s'invitent.

La construction en quatre couches qui protège le signal

Au cœur, l'âme : un fil de cuivre, plein pour les meilleurs débits ou toronné quand on a besoin de souplesse. C'est lui qui charrie le courant porteur.

Juste autour, le diélectrique. Un isolant en polyéthylène ou en mousse qui maintient le champ électromagnétique bien serré autour du conducteur. Sans ça, le signal partirait dans tous les sens.

Vient ensuite le blindage. Une tresse métallique, souvent en cuivre ou aluminium, parfois doublée d'une feuille. Elle fait deux choses à la fois : elle bloque les interférences extérieures et elle empêche le câble de se transformer en antenne qui rayonne n'importe quoi. C'est ce qui explique pourquoi le coaxial tient mieux la route que la paire torsadée classique dans un local avec moteurs, variateurs ou éclairage LED qui pollue l'air.

Enfin, la gaine extérieure en PVC ou polyéthylène. Elle protège contre les chocs, l'humidité, les UV si on sort dehors. Quatre couches, rien de magique, mais l'ensemble forme un guide d'onde rudimentaire qui fait le job depuis des décennies.

50 ohms ou 75 ohms : le détail qui change tout

L'impédance, c'est pas un détail marketing. Les câbles à 50 ohms sont faits pour les usages data et radio : anciens Ethernet, liaisons point-à-point, certains équipements industriels. Il faut les terminer correctement, sinon les réflexions reviennent en sens inverse et pourrissent tout.

Les versions 75 ohms dominent pour la vidéo et la distribution TV. Antenne, décodeur, ancien câble modem… tout est calibré pour ça. Brancher un 50 ohms sur une prise TV ou l'inverse, et on perd du signal ou on voit des fantômes sur l'écran. Avant d'acheter ou de dépanner, on lit toujours ce qui est marqué sur la gaine.

Du thinnet aux solutions d'aujourd'hui : son passé dans les réseaux informatiques

Aux débuts de l'Ethernet, le coaxial était roi. Le thicknet (10BASE5) avec son gros câble jaune permettait des segments jusqu'à 500 mètres. Le thinnet (10BASE2) sur du RG58 plus fin se limitait à environ 185 mètres, mais c'était plus simple à déployer. Tout le monde se branchait en bus avec des connecteurs BNC et des terminateurs 50 ohms aux deux extrémités. Une seule coupure sur le câble et tout le segment tombait. Les collisions se géraient au niveau du câble lui-même.

On a abandonné ces topologies en bus dès que les switches et la paire torsadée sont arrivés. Plus simple, plus fiable, plus facile à dépanner. Pourtant le coaxial n'a pas disparu des chantiers.

Ce qu'on en fait encore concrètement aujourd'hui

Dans beaucoup de bâtiments anciens, le câblage coaxial pour la TV est déjà là. Plutôt que de tout arracher, on peut le réutiliser avec des adaptateurs MoCA. On branche un boîtier près de la box, un autre dans une salle de réunion ou un open space, et on récupère une liaison Ethernet stable sans tirer de nouveaux câbles. C'est particulièrement utile quand on veut améliorer le backhaul WiFi sans gros travaux de maçonnerie.

Pour la vidéosurveillance, les installations analogiques tournent encore souvent sur du coaxial. Avec des convertisseurs Ethernet over Coax, on peut même faire passer des caméras IP sur l'ancien câblage. On gagne du temps et de l'argent pendant la transition.

Il reste aussi des usages plus pointus : alimentation d'antennes WiFi extérieures, ponts radio, ou certains équipements industriels qui apprécient la robustesse du blindage face aux interférences. Et pour les liaisons TV ou satellite dans les locaux pro, le coaxial reste le standard.

Petite précision de contexte : en France, le grand réseau d'accès internet par câble coaxial hérité de Numericable (chez SFR) est en cours de fermeture progressive au profit de la fibre. Mais le câble coaxial en lui-même continue de servir dans plein d'autres situations, surtout en interne.

Comparer coaxial, paire torsadée et fibre sans langue de bois

Face à la paire torsadée, le coaxial gagne sur le blindage. Il résiste mieux aux parasites électromagnétiques et peut parfois aller un peu plus loin sans répéteur. En contrepartie, il est plus gros, plus cher à connecter (les fiches demandent un minimum de soin), et l'ancienne topologie bus était fragile.

Face à la fibre optique, il perd sur presque tous les tableaux pour les gros volumes de données et les longues distances. La fibre ne craint ni les interférences ni l'écoute, et elle monte facilement à plusieurs centaines de Gbps. Par contre, le coaxial reste plus simple à manipuler dans certains cas et moins fragile mécaniquement pour des petits déploiements ou des réutilisations d'infrastructure existante.

Honnêtement, on choisit selon le contexte réel : ce qu'on a déjà en place, le budget, la distance, le niveau de bruit ambiant, et la durée de vie prévue de l'installation. Pas de solution miracle, juste le bon outil au bon endroit.

Choisir et poser du coaxial sans se prendre la tête

On privilégie le cuivre plein plutôt que le cuivre plaqué acier (CCS), surtout si on veut tenir dans le temps. Pour la distribution TV ou les usages résiduels, du RG6 quad-shield en 75 ohms fait souvent l'affaire. Pour des besoins data plus exigeants, on regarde les références 50 ohms adaptées.

Côté pose : on respecte le rayon de courbure minimum, on évite les plis serrés qui écrasent le diélectrique. Les connecteurs, on les sertit proprement plutôt que de les visser à la va-vite. Et on n'oublie pas les terminateurs quand on travaille sur une ancienne installation en bus.

Pour le branchement concret : la prise murale coaxiale part vers un répartiteur ou directement sur la box, le modem câble (quand il reste), la TV ou un adaptateur MoCA. Dans un contexte pro, on peut coupler ou splitter selon les besoins, mais chaque division ajoute des pertes qu'il faut anticiper.

Le coaxial n'est plus le standard dominant pour les nouveaux réseaux locaux, c'est clair. La fibre et la bonne paire torsadée Cat6A ou supérieure ont pris le dessus pour la plupart des déploiements récents. Mais quand on doit composer avec de l'existant, quand l'environnement est bruité, ou quand on veut une solution rapide et fiable sans tout refaire, il reste un outil précieux dans la boîte. Sur le terrain, on n'a pas toujours le luxe de choisir la solution idéale du catalogue. On compose avec ce qu'il y a, et le coaxial sait encore se rendre utile.

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